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Communiqué de la Marche mondiale des Amériques

Évaluation de la situation continentale des femmes après le 8 Mars 2020.

Québec le 17 mars 2020 – Quelques jours après être descendues dans les rues pour faire entendre nos voix contre les violences dont sont victimes les femmes de nos territoires, nous nous sommes réunies virtuellement pour évaluer nos actions et leurs résultats.

Le 8 Mars, nous, les féministes des Amériques, nous nous sommes levées pour démontrer la capacité que nous avons de nous organiser et de nous réunir dans toute notre diversité. Les femmes ont occupé les rues du Québec à l’Argentine, des Caraïbes au Nicaragua ou la Bolivie bien qu’il y ait eu dans ces territoires des tentatives de répression. Rien n’a pu intimider les femmes. Toutes les coordinations nationales de la Marche mondiale des femmes ont lancé leur appel en faveur de la 5 ième Action Internationale.

Cependant, au-delà de la joie de se rencontrer et de savoir que nous sommes nombreuses, nous devons répéter que nous vivons dans des territoires qui punissent fortement le corps des femmes.

Le 8 mars, alors que les rues vibraient de fureur féministe, des féminicides ont été commis au Mexique, au Honduras, au Venezuela et en Argentine.

Le Brésil, le Mexique, l’Argentine, le Honduras, El Salvador, le Guatemala et la Bolivie sont les pays les plus dangereux pour les femmes et le continent sud américain est la deuxième région la plus dangereuse pour les femmes dans le monde.

Les féminicides sont protégés par l’impunité accordée par les systèmes judiciaires et les sociétés qui refusent d’agir et par les médias qui tournent le dos au problème et insistent pour être des reproducteurs de la violence masculine.

Mais, le fémicide n’est pas la seule calamité qui nous tourmente. Pendant que nous partagions les rapports des différents pays, au Chili, le bureau des collèguesd’Anamuri était entouré d’un mur de béton placé dans la rue. En direct, nous avons reçu des informations sur la répression quotidienne qu’elles subissent : raids, arrestations arbitraires, violation de la liberté de transit et au droit à l’information.

Nous avons eu des nouvelles similaires de notre sœur de la Bolivie, là où a eu lieu une mobilisation sans précédent ce 8 Mars. Une marche que nous pouvons décrire comme un acte de grande bravoure, marche qui a réuni une grande diversité de femmes déterminées à résister au coup d’État et à marcher pour transformer leur pays.

À tout ce panorama s’ajoute la pandémie de coronavirus, pandémie qui transfère encore une fois une charge plus importante de travail au corps et la vie des femmes. Ainsi, les défis pour continuer nos luttes, construire des alliances et renforcer les organisations dans le cadre de la quarantaine sont sans cesse croissants dans ce nouveau contexte. Maintenant, plus que jamais, il devient évident que la vie et le bien-être des peuples doivent être au centre de la vie comme nous l’affirmons dans nos propositions pour une économie féministe.

Les temps sont difficiles et complexes pour les femmes. Le patriarcat en alliance criminelle avec les néolibéralistes plonge les femmes dans la barbarie capitaliste. Cependant, aujourd’hui plus que jamais, les femmes mettent en évidence leurs capacités à se réinventer jour après jour. Aujourd’hui, plus que jamais nous sommes convaincues qu’ensemble nous sommes invincibles. Aujourd’hui plus que jamais,RÉSISTONS POUR VIVRE, MARCHONS POUR TRANSFORMER !