Articles

Réforme de scrutin : Si le gouvernement impose un référendum, qu’il le fasse en 2021

Montréal, le 20 janvier 2020 – À la veille des consultations devant la commission parlementaire sur le projet de loi 39 établissant un nouveau mode de scrutin, la Coalition pour la réforme électorale maintenant ! invite le gouvernement et les partis à la coopération afin de bonifier significativement le projet de loi qui est sur la table. La Coalition souhaite aussi clarifier sa position à l’égard du référendum dont les dispositions sont détaillées dans les amendements déposés par la ministre de la justice Sonia LeBel, le 5 décembre dernier.
Pour Marie-Andrée Gauthier, co-porte-parole de la Coalition et Coordonnatrice générale du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, « nous sommes très heureuses de constater que le gouvernement maintient le cap sur la réforme du mode de scrutin. Il a déposé un projet de loi dans les délais et a établi une commission parlementaire devant laquelle plus d’une trentaine de groupes et d’experts ont été invités à présenter des mémoires. Maintenant, il va falloir que tout cela débouche sur une vraie réforme du mode de scrutin qui va avoir un impact réel sur notre système démocratique. Or, il est clair que le projet de loi qui est sur la table n’est pas satisfaisant et doit être profondément bonifié. Nous avons toutes et tous fait nos devoirs pour amener des propositions très concrètes en commission sur bon nombre de points, comme des mesures structurelles pour une représentation paritaire, diversifiée et équitable pour les régions. C’est maintenant aux partis et au gouvernement d’être à l’écoute et d’agir en concertation de manière à apporter les corrections qui s’imposent pour aboutir à un système électoral juste et équitable ».

Par ailleurs, nous tenons à réitérer que nous considérons que le gouvernement a les moyens et la légitimité nécessaires pour mener à bien cette réforme sans imposer de référendum. Il dispose d’une confortable majorité parlementaire avec l’appui des deux partis d’opposition signataires de l’entente transpartisane de 2018. Cependant, s’il continue à vouloir imposer une consultation référendaire sur la question, le premier ministre doit alors assumer ses responsabilités et surtout faire les choses correctement.

« François Legault s’est clairement engagé par le passé à adopter un nouveau mode de scrutin avant les élections de 2022, a rappelé le président de la CSN et co-porte-parole de la coalition, Jacques Létourneau. Pour nous, il est clair que les députés de l’Assemblée nationale ont toute la légitimité nécessaire pour adopter cette réforme sans avoir à passer par la voie référendaire. Si le gouvernement tient absolument à soumettre la question à la population, qu’il s’engage à appuyer activement sa réforme, en s’engageant clairement dans le camp du OUI, et qu’il tienne un référendum avant la prochaine campagne électorale afin que nous puissions avoir un débat franc et éclairé sur la question. La réforme du mode de scrutin est un enjeu beaucoup trop important pour être abandonné aux aléas partisans d’une campagne électorale. »

La Coalition pour la réforme électorale maintenant ! a pour objectifs de promouvoir un vaste mouvement populaire en faveur de la réforme électorale partout au Québec, d’informer et de sensibiliser largement la population aux enjeux de cette réforme et d’amener le gouvernement à tenir ses promesses et de renforcer la démocratie au Québec. La Coalition regroupe plus de soixante-dix organismes et réseaux issus de tous les secteurs de la société civile répartis sur l’ensemble du territoire québécois, qui représentent plus de 2,1 million de membres actifs dans plus de 12 000 organisations.

-30-

SOURCE : Coalition pour la réforme électorale maintenant !

CONTACT : 
Julie Sion, responsable des communications, MDN
514 360-1998 / julie.sion@democratie-nouvelle.qc.ca

Égalité homme/femme : deux promesses électorales tenues

Les Tables régionales de groupes de femmes et leur Réseau demandent au premier ministre Trudeau d’être proactif

Alma, 25 août 2016 – Conjointement avec le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec, Récif 02 profite de la présence du caucus national du gouvernement libéral à Saguenay pour présenter un bilan provisoire de leur première année au pouvoir en lien avec leurs engagements lors de la campagne électorale. Sur 220 promesses électorales, seulement huit touchaient directement les femmes. Parmi celles-ci: la formation d’un cabinet libéral formé d’un nombre égal de femmes et d’hommes et le lancement d’une enquête publique nationale sur les cas des femmes et des filles autochtones disparues et assassinées au Canada. Nous reconnaissons que ces deux promesses ont été tenues et que c’est une grande avancée pour les femmes canadiennes.

Le mouvement des femmes a grandement apprécié que le premier ministre Justin Trudeau  proclame sa fierté d’être «féministe» en défendant l’égalité entre les hommes et les femmes à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes et à d’autres moments en cours d’année.

Sans être des engagements électoraux, voici quelques dossiers touchant particulièrement les femmes auxquels le gouvernement fédéral a manifesté une ouverture depuis son arrivée au pouvoir et dont certaines mesures sont déjà mises en place:

  • Allocation canadienne pour enfants : Le gouvernement fédéral a créé une nouvelle allocation canadienne non imposable pour les enfants ce qui représente une avancée importante pour les familles monoparentales selon l’Association des Familles monoparentales et recomposées du Québec.
  • Éducation : Le gouvernement fédéral a instauré un crédit d’impôt sur les fournitures scolaires à l’intention des enseignantEs et des éducateurs-TRICES de la petite enfance, ce qui soutiendra les femmes cheffes de familles monoparentales.
  • Violence faites aux femmes : Le gouvernement fédéral vient tout juste d’annoncer qu’il mettra en place une  Stratégie fédérale contre la violence fondée sur le sexe.
  • Discrimination pour les femmes autochtones: Le gouvernement fédéral a entrepris d’éliminer de la Loi sur les Indiens, dont les dispositions dépouillent les femmes autochtones de leur statut lorsqu’elles épousent un non-Autochtone.
  • Programme promotion de la femme : Le gouvernement fédéral est ouvert à l’idée de financer les groupes de femmes en défense collective des droits.
  • Conciliation famille-travail: Le gouvernement fédéral a lancé en mai 2016 une consultation visant à connaître le point de vue des citoyens sur la question de la conciliation travail-famille avant de modifier le Code canadien du Travail.
  • Équité salariale : Le gouvernement fédéral a formé un comité spécial sur l’équité salariale, en élaborant un avis sur un régime fédéral proactif sur l’équité salariale.

Nous attendons avec impatience l’avancement de ces dossiers.

Voici d’autres enjeux que les groupes de femmes jugent extrêmement  préoccupants et auxquels le premier ministre Trudeau devrait porter son attention.

  • Environnement: Les militantes de la Marche mondiale des femmes 2015 veulent être entendues sur les impacts des conditions de vie des femmes concernant les oléoducs.
  • Itinérance : Les investissements des nouveaux fonds dans la Stratégie de partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) sont inadéquats pour toutes les régions du Québec.
  • Logement : Contrairement à ce que souhaite investir le gouvernement Trudeau, 2.3 milliards d’ici 2018, le FRAPRU estime qu’un investissement d’au moins 2 milliards devrait être fait annuellement.
  • Régimes de pensions du Canada/Femmes ayant des revenus modestes : L’entente pour une amélioration du Régime de pensions du Canada (RPC) signée par les ministres des Finances le 20 juin dernier ne donnera pas grand-chose pour la grande majorité des femmes canadiennes » affirme Mélanie Sarazin, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ).
  • Travail domestique : La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) invite le premier ministre Justin Trudeau à honorer son engagement et à poser un geste concret afin d’améliorer le sort des milliers de travailleuses domestiques qui exercent leur profession dans des conditions extrêmement précaires et qui ne bénéficient pas des mêmes droits que les autres travailleurs et travailleuses au pays.

Tous ces enjeux ont un lien direct avec la pauvreté des femmes et c’est pour ces raisons que notre gouvernement doit s’y investir. « Le Réseau et les 17 Tables de concertation des groupes de femmes du Québec reconnaissent qu’il y a une amélioration dans la volonté du gouvernement actuel à prendre en compte les spécificités des femmes pour atteindre l’égalité. Cependant, « il faut demeurer vigilantes et attendre les résultats tangibles. Les Tables poursuivront leur veille pour défendre les droits et intérêts de toutes les femmes », mentionne Madame Francine Rivest, présidente du Réseau.

Audrée Villeneuve coordonnatrice à Récif 02 et porte-parole du Réseau des Tables, rappelle qu’en 1995, à la suite de l’adoption du Programme d’action de Beijing, le gouvernement du Canada s’est engagé sur la scène internationale à appliquer l’analyse comparative entre les sexes. Cette méthode de gestion oblige les gouvernements à évaluer tout programme, politique, mesure ou loi en fonction de son impact sur les femmes et les hommes. Par le fait même, il doit s’assurer que ses décisions ne soient pas défavorables à l’un ou à l’autre sexe. « Nous comptons sur le gouvernement en place pour  mettre en œuvre des lois, politiques et stratégies favorisant l’égalité pour toutes les femmes et mettant fin à la discrimination systémique qui s’exerce contre elles ».

– 30 –

Le Réseau des Tables régionales de groupes de femmes regroupe les dix-sept Tables régionales de groupes de femmes. En tant qu’organisme féministe de défense collective des droits des femmes,  il porte auprès des instances nationales les réalités régionales et prend position dans une perspective d’égalité entre les sexes et de plus grande justice sociale.

Récif 02 existe depuis mai 1987 et a pour mission la défense des droits et l’amélioration des conditions de vie des femmes. La Table de concertation intervient dans toutes les sphères de la vie sociale, politique, économique et culturelle. Récif 02 rassemble près d’une trentaine de groupes représentant au-delà de 10 000 femmes du Saguenay—Lac-Saint-Jean œuvrant dans divers champs d’action.

Pour information:

Marie-Andrée Gauthier, coordonnatrice
Réseau des Tables
Téléphone : 450-671-5095 Cellulaire : 514-943-7879
info@reseautablesfemmes.qc.ca

Audrée Villeneuve, coordonnatrice
Récif 02
Téléphone : 418 480-8323
audree.villeneuve@recif02.com